Lyrics Mathilde Boudon Lamraoui – Photo NnoMan

 

Entre 13500 et 40 000 personnes ont défilé ce dimanche 10 novembre pour dire stop à l’islamophobie. Les tentatives de discrédit de cette manifestation dans les médias et par la classe politique les jours précédents sa tenue n’auront pas eu raison de la volonté des citoyens à marquer leur rejet de tous les discours de haine.

« Un racisme à peine voilé », « Oui à la critique de la religion, non à la haine de l’islam », « Laïcité on t’aime, tu dois nous protéger »

 

Le message des 40 000 manifestants revendiqués par les organisateurs était clair. La marche du 10 Novembre contre l’islamophobie a fait vivre aux participant.e.s un véritable moment de cohésion.

Bien loin des controverses dont elle a fait l’objet par une partie de la classe politique, elle a rassemblé des citoyens soucieux de défendre à l’échelle nationale la dignité des musulmans dans le pays. N’en déplaise aux contradicteurs, le drapeau français et ses couleurs ont d’ailleurs été fièrement arborés par la majorité des personnes présentes.

Tout au long de la manifestation, ce sont des dizaines de cortèges qui ont défilé pacifiquement entre la Gare du Nord et la Place de la Nation. Partis politiques de gauche, syndicats, associations bien que présents en nombre n’ont pas fait d’ombre aux milliers d’individus, musulmans ou non, qui sont venus dénoncer la propagation des discours de haine et agressions islamophobes ou plus récemment l’attentat raciste qui a eu lieu à Bayonne. Le cortège antifasciste se démarquant notamment par ses chants anti-islamophobes et la ferveur des femmes qui en avaient pris la tête.

 

Plusieurs personnalités ont affirmé leur soutien à l’instar de Jean-Luc Mélenchon et Danièle Obono de la France Insoumise, Ian Brossat du PCF, Esther Benbassa ou Sandra Regol d’EELV, Caroline de Haas, Matthieu Longatte, Vikash Dhorasoo, …

Cette liesse populaire s’est clôturée par de nombreuses prises de parole en fin de journée, place de la Nation. Les milliers de familles, femmes, enfants, hommes, jeunes ou moins jeunes qui s’y tenaient ont acclamé les organisateurs qui se sont succédé.

Madjid Messaoudene (conseiller municipal de Saint-Denis), Marwan Muhammad (CCIF), Saïd Bouamama (Sociologue), Omar Slaouti (Militant antiraciste), Maryam Pougetoux (UNEF), Youcef Brakni (Comité vérité et justice pour Adama), l’UFJP (Union Française Juive pour la Paix), … autant de discours et de récits d’engagements qui sont venus fédérer les dizaines de milliers de personnes présentes. Ces prises de paroles ont enfin été ponctuées par une Marseillaise entonnée par les dizaines de milliers de personnes encore présentes sur cette place de la Nation en ce dimanche soir, bravant le froid et la nuit tombante à la lumière de leur téléphone portable.

 

 

Les réactions sont émotives. Oscillant entre joie et tristesse, des larmes coulent sur les sourires de certaines femmes voilées. « Ça fait du bien », « On n’est pas seules, on se sent entourées ». Les accolades, les mains qui se serrent, les mots d’encouragement se propagent alors place de la Nation. Plusieurs personnes, sur scène ou dans la rue font référence à la marche pour l’égalité de 1983.

En dépit des tentatives de division et des accusations mensongères, cette marche du 10 novembre est bel et bien un acte d’amour historique. Une résistance à la haine des musulmans. Une résistance à l’islamophobie.