Lyrics : Raphäl YEM

 

Quand on est tombé sur ce projet musical, aux Puces de Montreuil (93), avec ce titre, « Expropriation culturelle », ça nous a plu. Pour 1000 raisons, de l’accroche à la cover vintage, en passant par ces lascars, dont on connaît bien le travail, mais que le vaste ne monde ne connaît pas encore assez bien. Du son en audiolingus, des ambiances qui nous enjaillent, et deux personnalités assez différentes pour aller dans le même sens, qui déjà, en 1986, savaient, même si cette mixtape était passée inaperçue. Heureusement qu’on a pu la dénicher, voilà de quoi ambiancer les jours de froid qui s’annoncent sales.

 

 

Vous êtes donc les gars qu’on voit sur la jaquette : pouvez-vous vous présenter tous les 2 ?

Reza Stax : Salut, Reza Stax, auteur, rappeur, ambianceur et ces derniers temps très peu dormeur. Rapper c’est ma façon de chanter : j’ai participé à des projets musicaux très variés, certains que j’aimerais oublié, heureusement Myspace c’est du passé.

S.O.A.P. : Et moi c’est S.O.A.P, je suis beatmaker, compositeur, et disque-jockey. Le nom complet c’est Son Of A Pitch mais les orgas de soirées français se plantaient trop souvent, y’avait toujours une faute à mon blase ça m’a saoulé. J’ai fait des prods pour tout un tas d’artistes très très différents, de Féfé à Ward 21 en passant par Yoshi, Oxmo Puccino, Tumi, Rona Hartner … et je suis actuellement sur mon cinquième disque avec Taiwan MC, qui sortira chez Chinese Man Records.

 

Quelle est l’originalité de ce projet, « Expropriation culturelle » ?

S : L’originalité elle est au niveau de style musical, déjà : c’est électronique parce que plein de synthés criants et d’infrabasses, mais y’a des paroles en français et une franche influence africaine, ça donne un truc assez dur à classer. Les structures des morceaux aussi sont plus expérimentales que « radio edit » Et le titre du EP est à coucher dehors.

RS : De mon coté c’est quelque chose que je voulais faire depuis longtemps mais je n’arrivais pas à mettre de mot ou de son pour l’expliquer. J’aime pas ta question mais c’est une bonne question ah ah ! … En fait je me suis rendu compte qu’il y avait des rythmes qui me parlaient beaucoup plus que d’autres, venant du Hi-Life, de la samba, du gwo ka, du jazz, de la musique berbère … et j’avais envie de capter cette énergie percussive et la mettre dans des sons. Et puis aussi laisser pas mal de place à la musique, sans paroles, parce qu’il m’arrive de mettre beaucoup trop de mots dans mes textes. Et Soap était direct partant pour faire de la musique où on m’entend moins.

 

 

Qu’est-ce qui vous a inspiré pour ces sons ?

RS : Toutes les musiques qui te font taper des mains autrement que de façon binaire. En fait, c’est la percussion qui guide pas mal le truc. Pour le flow surtout. J’ai jamais vraiment réussi à écrire sans avoir la musique, et j’écris encore à la main, car je note ou tombe les caisses claires et les grosses caisses sur mes syllabes. Sans la percu je suis perdu.

S : Pour ma part, c’est un mélange de ce que je kiffe mixer quand je fais un DJ set (des trucs anglais du type Bass Music, pour résumer) et de ce que Reza Stax m’a apporté comme références de morceaux. Ainsi que sa poésie foutraque qui a porté l’évolution des instrus.

 

En vrai, qui est plus fort que l’autre ?

RS : En instruments, en bouffe et en blagues c’est Soap, en danse, en métaphores et en ponctualité c’est moi. En baston, j’attends qu’on se tape bourrés après notre concert à Coachella pour te dire.

S : 100% d’accord avec mon collègue, à part que je préférerais qu’on se tape au stand Indre-et-Loire de la fête de l’Huma.

 

ECOUTER : https://audiolingus.bandcamp.com/