Lyrics : Samia Chiki – Affiche officiel 

 

Ecrire, raconter, filmer … pour exister, avancer et s’assumer. C’est en ses termes qu’on se remémore l’Urban Films Festival, premier festival du film consacré à la ville, aux pratiques et aux modes de vie qui en émanent, qui pour sa 14ème édition a reçu 500 courts-métrages, pour 35 sélectionnés en compétition.

Ce qu’on retient avant tout de ce Festival porté par l’association R-Styles et parrainé par Jamel Debbouze, c’est la capacité à fédérer plusieurs générations autour du 7ème art, tout en mettant en avant les talents et le savoir-faire des quartiers populaires.

 

Outre les différents ateliers, ou showcases, comme celui de Kery James en plein cœur du Forum des Halles, à Paris, succédant à la projection du film « Banlieusards » de Leïla Sy, c’est bien la compétition entre les différents films sélectionnés qui nous a passionné.

On découvre ainsi de jeunes pépites, notamment dans « 1 contre 1 » de Tamara Kozo, ou encore des expressions scéniques inédites comme la performance de danse avec tatouages sur le corps dans le court-métrage « Never twenty-one ».

Les lauréats de ce festival international étaient principalement Français, mais on a aussi découvert la grâce du réalisateur marocain Achraf Ouammou, avec son film d’animation « I Exist » où il mêle rap, poésie et clins d’oeil au street art, et également Beqeri Enerik, réalisateur franco-albanais qui a épaté la salle avec un film coup-de poing, « The Van ».

 

 

UNE NOUVELLE GENERATION

La majorité des lauréats de ce festival ne dépasse pas la trentaine. Certes, il y a du travail sur le plan technique et sur certains scénariis, mais au vu des moyens dont ils disposaient, on ne peut que saluer leur œuvre.

Les courts-métrages étaient nombreux à véhiculer un message politique fort, de la dangerosité des armes à feux qui circulent légalement, aux combats de boxe en mode économie souterraine, en passant par la manipulation des cerveaux.

Le cinéma au service de quartiers marginalisés ou stigmatisés est donc en marche, et donne de l’espoir à la jeunesse mais pas uniquement : Martine Barrat , photographe de grande renommée, connue pour ses travaux sur le Bronx, au cœur des gangs, et ceux sur la Goutte d’Or à Paris, était présente à la cérémonie de clôture afin de rappeler que la réussite est à la portée de tou.te.s, et que la mise en lumière des villes -et de leurs quartiers, aussi populaires soient-ils, peuvent être vus et entendus par tou.te.s.

Une 14ème édition qui confirme que l’Urban Films Festival est un événement cinématographique annuel à ne plus rater, où les rires viennent se mêler aux soupirs des angoisses du quotidien. Un moment authentique qui se terminera par un hommage au pionnier du Breakdance en France, Karim Barouche.