Lyrics : Raphäl Yem

 

Au sein de l’Inter-réseau Mémoires-Histoire, le Tacticollectif co-organise ces 7 et 8 Décembre à Toulouse les Rencontres Nationales « Quartiers populaires : de la fiction à la réalité ». 2 jours d’échanges sur la représentation des banlieues à travers les médias, le documentaire et le cinéma. Salah Amokrane nous en dit plus.

 

 

On parle d’un traitement médiatique différents de la part des médias mainstream vis à vis des banlieusard.e.s. Est-ce toujours le cas quasi en 2019 ?

Salah Amokrane : Oui, c’est bien sûr toujours le cas. De la presse régionale aux grands médias audiovisuels, le traitement médiatique des quartiers est non seulement différent, mais surtout stéréotypé … C’est soit le règlement de compte des trafiquants de drogue islamistes, soit le Ballon d’or du boxeur qui fait du rap. Alors que nous aspirons au traitement du réel, de ce qui va bien et de ce qui ne va pas, des initiatives des habitant-e-s, de leur point de vue.

Au delà de ce cette question du traitement médiatique, ce qui nous intéresse, c’est les initiatives qui sont de plus en plus nombreuses pour renverser le regard médiatique, que ce soit des ateliers d’éducation aux médias -voire la création de nouveaux médias, notamment de médias sociaux ou en ligne. Il y a bien sûr des titres emblématiques de la presse de « banlieue », mais une multitude d’expressions diverses. Ce qui est également nouveau, c’est l’arrivée de journalistes professionnels qui s’engagent dans la transmission de ces enjeux et de leur savoir-faire. En tout cas, ce qui est certain, c’est que pour les habitant-e-s, ces sujets des médias et plus largement de l’image, sont une préoccupation centrale.

Quels sont les temps forts de cette rencontre ? 

Salah Amokrane : Le programme est riche et varié, et tous les temps sont forts, mais on peut tout de même citer la projection de « S’hab la Zup » de Madani Marzuk et Tarek Kaxwtari, ce film composé notamment d’archives filmées par Madani dans les quartiers à Nimes. Ce film est une plongée au coeur de la mémoire du quartier Valdegour. A travers des témoignages d’habitants et d’acteurs associatifs, présents sur le quartier depuis 20 ans, c’est un flash-back sur le passé pour mieux comprendre le présent. Entre espoir et désillusion, les habitants interrogent les politiques publiques sur les rendez-vous ratés de la politique de la ville et autres renouvellements urbains.

Salle Ernest Renan à Toulouse. Entrée libre