Lyrics : Sloane, Cindie, Baptiste, Malakeh – Photo : Nora

[Depuis plusieurs années un groupe de jeunes de Nevers, issu de plusieurs quartiers de la ville font parti d’un atelier « journalisme et droits humains ». Dans ce cadre,accompagnés de jeunes allemands, ils effectuent un voyage en Bulgarie, où ils travaillent sur les discriminations dont sont victimes les roms, et les relations entre les nombreuses minorités du pays.]

La réalité des conditions de vie dans le ghetto rom de Stolipinovo a choqué les jeunes franco-allemands. Une situation qui les a amené à s’interroger sur les manières de faire valoir ses droits quand on est une communauté ségréguée.

Le deuxième jour, nous nous sommes rendus dans le quartier Rom de Stolipinovo. C’est un lieu très vivant avec près de 50 000 habitants et qui compte quatre écoles. Écoles dans lesquelles les professeurs sont Bulgares et une barrière de la langue existe avec les élèves, car la plupart ne parlent que Romani. Les bâtiments décolorés et délabrés, les routes endommagées témoignent de la pauvreté qui y règne. Contraint de vivre ici, ils ont dû se débrouiller comme ils le pouvaient. Stolipinovo s’est développé comme une ville à part entière avec commerces et étals de fortune, qui fournissent le nécessaire aux habitants. Ce ghetto immense explique pourquoi les roms sont peu présents au centre de Plovdiv. Cette disposition nous a choqué car cela implique qu’ils ont accepté l’idée de vivre ainsi à défaut d’avoir les moyens nécessaires pour faire autrement.

 

       En arrivant au centre social de Stolipinovo, quelques enfants sont venus à notre rencontre, intrigués par notre présence et ont voulu nous prendre en photo. La séance de selfie a été interrompu par l’accueil du directeur du centre.

Une fois installé dans l’enceinte du bâtiment, il nous a expliqué son histoire. Ce lieu a été le premier de ce genre en Bulgarie. Son but principal est l’éducation des jeunes car cela facilite leur inclusion au sein de la société bulgare. Il a également plusieurs objectifs comme aider les habitants à travers leur vie quotidienne, essentiellement à travers l’éducation. Le centre les assiste aussi dans leurs démarches administratives. L’éducation est une valeur importante et essentielle car beaucoup de jeunes roms ne poursuivent pas leurs études, commencent à travailler jeunes et se marient très jeunes, vers 15 ans environ. De ce fait, un projet pour sensibiliser les adolescents à cette problématique a été mis en oeuvre.

Un projet de seconde chance a été mis en place avec l’objectif intégrer 200 élèves dans différentes écoles bulgares. Leur intégration a été compliqué à cause des préjugés envers les jeunes roms.

       Étant un groupe de jeunes venant de pays où la liberté de faire valoir nos droits est essentiel, il a été difficile pour nous de concevoir qu’ils ne se battent que peu pour leur droit et qu’ils n’ont pas forcément conscience d’être ségrégué. Ce que nous avons retenus à travers la visite de ce quartier et le discours du directeur du centre c’est qu’il existe une certain sentiment sous-jacent de fatalité chez la population rom. Mais il faut également savoir qu’il n’y a pas de capacité à s’organiser pour faire valoir leurs droits à cause de la réalité violente du contexte politique, où le rejet des roms est instrumentalisé par les partis politiques. Il est vrai que la politique de la Bulgarie et le fait que ce soit le pays le plus pauvre de l’union européenne en fait un pays où les problématiques d’insertion des minorités ne font pas parties des enjeux principaux.