Photo Julien Pitinome

Ce samedi 25 mars, plus de 300 personnes se sont rassemblées pour marcher à Montigny-en-Gohelle en mémoire de Lahoucine Ait Omghar.

Il y a quatre ans presque jour pour jour, le 28 mars 2013, Lahoucine décédait, tué de cinq balles suite à son interpellation par la police. Son frère Hamid et ses proches mènent depuis la lutte pour obtenir justice dans l’affaire.

Un mois après la confirmation du non-lieu pour les policiers mis en cause, les manifestants sont partis du lieu de sa mort, rue de Lassigny. Sur place, un impact de balle est encore visible, comme un témoignage d’une douleur figée dans le temps. Après un discours d’Hamid, la famille Ait Omghar, proches de victimes, militants et anonymes se sont lancés dans les rues de Montigny pour les quelques kilomètres les séparant du centre-ville d’Hénin-Beaumont. Pancartes à l’effigie de Lahoucine et banderoles ont accompagné la colère palpable et les revendications de celles et ceux venus se mobiliser. Les slogans repris en choeur par la manifestation ont résonné aux fenêtres des habitants surpris et des commerçants, qui avaient préféré baissé leurs stores pour la plupart. Sur le parcours, la marche s’arrête à un rond-point. Une banderole « Pas de justice, pas de paix » surplombant l’avenue vient d’être déployée le long d’un pont. Le symbole est fort.

A l’arrivée devant le commissariat d’Hénin-Beaumont, la famille Ait Omghar prend les devants. Hamid l’affirme: « Tout le monde appréciait Lahoucine. Ils l’ont sali. Ils ont tout dit sur lui, que c’était un braqueur… Mais je vous le redis, c’est faux. On ne lâchera rien. » Particulièrement touchante, les mots de sa mère. Un simple « Merci à tous », les larmes aux yeux, rapidement couvert par les applaudissements.

Sa soeur se livre, des sanglots dans la voix également: « Merci beaucoup pour votre soutien, à ceux qui se sont déplacés de près ou de loin, je suis vraiment émue. On a une pensée pour mon frère. Aujourd’hui, cette mobilisation, c’est une façon de penser à nous, de nous soutenir dans cette douleur. » Elle poursuit: « J’aimerais vous demander ne rien casser au retour. Je vous en supplie, pour notre bien, pour notre famille, ainsi que pour la dignité et le respect de nous tous. Pour les Arabes, pour la jeunesse arabe. Merci beaucoup. » Les prises de paroles s’enchaînent. Adama Traoré, Amine Bentounsi, Amadou Koumé, Abdoulaye Camara, Lamine Dieng, Hocine Bouras… Les familles de victimes présentes s’expriment également tour à tour, pour soutenir celle de Lahoucine dans sa peine et son combat. Pour rappeler « la criminalisation à titre posthume » dont il a fait l’objet, comme pour le discréditer ou affirmer qu’il méritait son sort. « Pour qu’on se désolidarise complètement » des victimes comme lui. Et de rappeler que la logique est « à chaque fois la même », de Beaumont-sur-Oise à Clermont-Ferrand, du Havre à Colmar, de Montigny à Paris. Comme l’évoque Amal Bentounsi, la soeur d’Amine, « aujourd’hui et plus que jamais, on doit être unis et non divisés. On est ensemble, car les jours à venir vont être durs pour nos enfants, nos frères et soeurs. »