Reportage : Jean Segura

Iels avaient occupé le Pantheon le 12 juillet dernier et la répression policière avait été violente.
Ce samedi 27 juillet, place de la Sorbonne à midi, les Gilets Noirs tenaient à se rassembler de nouveau pour dénoncer ces violences policières et rappeler la nécessité de ces occupations pacifiques.

Au travers d’une conférence de presse les collectifs « Gilets noirs en lutte » et « La Chapelle Debout » sont revenus en détails sur l’intervention violente des forces de l’ordre pour expulser les gilets noirs du Panthéon.
Ces collectifs ont notamment rappelé que, si leur combat se veut déterminé à obtenir la régularisation de tous.tes les travailleur.euses sans papiers, le choix d’occuper différents lieux symboliques (L’aéroport de Roissy, le siège d’Elior, et tout dernièrement le Panthéon) reste une stratégie pacifique.

Pour preuve, leur tentative de négocier avec les forces de l’ordre la fin de l’occupation du monument. Iels ont d’ailleurs rappelé qu’iels procèdent toujours de cette façon, en exposant d’abord leurs revendications, et en exigeant qu’elles soient entendues – non par la police mais par le Premier Ministre-.
Essuyant toujours le même refus de dialogue de la part des autorités – au Panthéon comme ailleurs – les Gilets Noirs avaient accepté l’idée de libérer le lieu à condition que les forces de l’ordre ne procèdent à aucun contrôle d’identité, ni aucune interpellation.
L’inspecteur de police avait accepté cet accord. Les Gilets Noirs affirment avoir été trompé.es.

La suite résonne malheureusement trop familièrement : une succession de charges brutales de ces mêmes forces de l’ordre entrainant 36 blessés parmi les Gilets noirs -qui d’ailleurs prévoient de porter plainte contre ces violences- mais aussi 35 arrestations, dont 15 personnes enfermées en centre de rétention, et libérées après 48 heures. 2 autres gilets noirs également arrêtés ce jour-là se sont vu remettre des OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français).

Au travers de ces chiffres, les collectifs dénoncent à la fois le mensonge, la « rafle » mais également « l’arbitraire » et « l’aléatoire » qui a voulu que ces deux personnes se voient expulsées du territoire.

Succédant aux collectifs, plusieurs blessés ainsi que des gilets noirs arrêtés ont également pris la parole lors de cette conférence de presse pour dénoncer la violence des forces de l’ordre et les conditions de détention dont iels ont souffert.
Parmi eux, Abdoulaye, travailleur sans papiers pour l’entreprise Elior est venu raconter comment, grâce à l’occupation du siège, il a enfin réussi à percevoir – en juillet – 6 mois de salaires qui ne lui avaient toujours pas été payés depuis son entrée dans l’entreprise en décembre dernier.

Concernant l’occupation du Panthéon il a ajouté ces mots: « Nous sommes allés occuper le Panthéon pour demander le respect des morts parce que les vivants ne nous respectent pas »

Leur combat contre le racisme institutionnel, les violences policières et pour la régularisation de tous.tes les travailleur.euses sans papiers est loin d’être fini, mais on pouvait sentir parmi les quelques 100 personnes réunies ce matin place de la Sorbonne une grande détermination. Le rassemblement s’est achevé aux chants de « La peur a changé de camp! Les gilets Noirs sont là! »

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